Catharsis

Le règne de la peur

Par Saïd Ahmiri

Fallacieux ou encore marionnettiste si ce n’est sournois, il y a tant de qualificatif pour définir le message implicite des discours anxiogènes des chefs d’État à propos d’une éventuelle menace d’attentat d’ores et déjà annoncé meurtrier et à l’arme non-conventionnelle type NRBC – nucléaire, radiologique, biologique, chimique -. Une campagne mensongère dans les pays atlantistes légitimant ainsi la continuation de la calomnieuse guerre contre le terrorisme face à la nébuleuse Al-Qaïda, l’organisation internationale d’Oussama Ben Laden, Abou Mohamed al-Masri et Ahmed al-Hisawi revendiquant l’établissement de régimes islamistes dans les pays à majorité musulmane d’où émergera le rétablissement du Califat dont les idéaux sacrés par la Sunna vont à l’encontre des intérêts occidentaux. Quoi de plus évident alors que d’entendre dans le camp opposé à ce doux rêve partagé par des myriades de musulmans aspirant à un nouvel âge d’or de leur civilisation, des formules politiques aux sous-entendus viscéraux pour climatiser le règne de la peur. Ce spectre de crainte ambiante parait semblable à l’émotion inconnue qui résulte de la fin proche et immuable de leur souveraineté capitaliste de l’Occident sur les restes d’un monde unipolaire, la mort de l’Occident, et à contre-courant sur l’ensemble des évolutions naturelles des civilisations métissées ô combien riche de cultures à partager, à en comprendre les valeurs et à en apprécier les vertus. Les récents débats sur le voile en Europe et le vote sur les minarets suisses prouvent que cette longue campagne médiatique, de Hollywood à TF1, de cette dantesque diabolisation de l’Islam en général et non pas seulement de l’Islam radical est parvenue à modeler les esprits chétifs et facilement contrôlable soit par une confiance aveugle envers les institutions gouvernementales, soit par la hantise d’une forme novatrice d’insécurité urbaine réclamant ainsi des mesures préventives par-delà l’ancienne cité de l’ordre moral. Deux raisons parmi d’autres pouvant être cumulable.

Afghanistan : Le théâtre de l’idéologie du terrorisme imaginaire

Lors de la levée des rideaux le 20 janvier 2009, l’ambiance d’un thriller qui nous le savons cherche à provoquer chez le spectateur une certaine tension, voire un sentiment de peur, était donnée et le décor déjà planté à l’entrée du sauveur. Une habile mise en scène fondée autour d’une opaque brume dissimulant pour les non-initiés en matière de géostratégie une pure idéologie guerrière anglo-saxonne de spectrale néo-domination eurasienne à l’instar du Grand Jeu d’Arthur Conolly face à la Russie seule et clairement avouée dans le Grand Échiquier de Zbigniew Brzezinski contre le duopole étatique Chine et Russie. Une doctrine belliciste transmise aux mains de Petraeus à McChrystal par un prétoire de stratèges ignorant tout du tribalisme hétéroclite des nombreux peuples tadjik, ouzbek, hazara, pachtoune, des régions reculées d’Asie Centrale et qui font leurs rapports au secrétaire à la Défense Robert Gates déjà en poste également au Pentagone depuis le 18 décembre 2006. Lui, un membre du CFR depuis 1987 proche de plusieurs personnalités ayant eu un rôle important dans le scandale Iran-Contra.

La nouvelle ligne de conduite impérialiste des oeuvres martiales du nouveau commandeur en chef des légions sanguinaires de GI’s conquérants accompagnés des prétoriens sans foi, ni loi du mercenariat DynCorp ou Blackwater devenu Xe demeure en toute évidence dans la stricte continuité de la stratégie du 1 % de risque de menaces pour la sécurité de la nation américaine et ensuite de leurs alliés atlantistes, capitalistes danois, français, allemands, britanniques, italiens, espagnols, etc. Un concept architecturé sur la gestion de la peur élaboré par le fidèle bras droit, Dick Cheney, du belliqueux George W. Bush qui a été sans nulle doute un tyran plus despotique encore que le vicieux empereur romain Titus ayant cependant eu le courage de réclamer ouvertement l’élimination des hommes menaçants à ses yeux tandis que ce précédent locataire de la Maison Blanche passa par la CIA pour organiser secrètement son programme noir d’assassinats ciblés au moyen de drones sans devoir rendre de comptes à personne avant de définitivement quitter la scène, avant de devoir confier les rennes de l’hyperpuissance hégémonique en plein déclin à un lapin sorti du chapeau.

Certes, les temps ont probablement changé depuis l’empire romain, la tragédie grecque contre les Taliban, contre ces fous de Dieu de l’école de pensée soufiste Deobandi pakistanaise financée par les radicaux conservateurs wahhabites de l’Arabie Saoudite, elle, se poursuit toujours avec ardeur. Dans ce vaste horizon de croisades néocolonialistes de l’Afghanistan et du Pakistan puis bientôt contre le progressif croissant chiite duodécimain de l’Iran, ismaélien et alaouite de la Syrie au zaïdite du Yémen et au-delà encore sur la plaque continentale africaine de la Somalie sunnite chaféite aux autres pays sub-sahariens formant le Sahel, la quête de solutions salutaires pour le bien-être de la fragile société contemporaine de l’Ouest, fabriquée de toutes pièces par la réclame intempestive des chaînes télévisées, étant d’une nécessité absolue à en croire la somme de tous les speechs présidentiels depuis Ground Zero, les vaines promesses aussi enchanteresses que messianiques de l’empirique Barack H. Obama, sans la moindre expérience internationale et seulement trois années sénatoriales au Capitole, s’apparentent à de belles paroles envoûtantes. De beaux discours scénarisés par les portes-paroles néoconservateurs du consortium Carlyle et qui sont imbibés de la pusillanimité analogue à tous ses prédécesseurs depuis les mensonges sur les incidents du golfe de Tonkin ayant ainsi fait entrer les États-Unis de Lyndon Johnson en guerre contre le Viêt-Cong d’Hô Chi Minh.

« L’idéologie de la peur et de la haine s’est révélée plus efficace et dangereuse qu’aucune autre arme. Plus meurtrière et dévastatrice qu’aucune opération militaire. Plus destructive et contagieuse qu’aucune arme de destruction massive. Car elle s’attaque à l’homme lui-même et à tout ce qui l’a rendu humain, alors que les autres agressions se contentent, généralement, de son physique, de ses possessions, de ses ressources ou de son environnement. C’est cette stratégie de conquérir l’homme qui induit les nouveaux inquisiteurs à la conquête des sociétés plutôt qu’à celle des États. » précise Youssef Aschkar [1]. De très nombreux documentaires ficellés et reportages sur les arcanes du pouvoir washingtonien relatent l’analogie des faits de cette terreur propagandiste embellie d’une chemise de droiture irréprochable qui est véhiculée dans des allocutions doctrinales chaleureusement saluées de chaque côté de l’Atlantique, de l’académie militaire des chairs à canons de West Point jusqu’à la tribune souillée des prix Nobel à Oslo. Le pacifisme d’Obama est à l’image de son changement promis, totalement inexistant à ce jour.

Dans le dernier coup de théâtre en date en Afghanistan, l’annulation du second tour de l’élection présidentielle par le candidat Abdullah Abdullah qui a précédé les félicitations de la communauté internationale pour le président réélu Hamid Karzaï [2] malgré les fraudes électorales criées des mêmes bouches élogieuses, l’a rendu légitime aux yeux de tous tel un tour de magie. Plus personne n’en parle. Lorsque la corruption se lie en toute clarté à la superchérie, les masques tombent, les enjeux réels se profilent dans le panorama et les objectifs officiels resteront à l’état de projet. Karl Marx rapportait déjà en son temps que « l’idéologie sert de masque à la domination d’un groupe d’êtres. » On peut se mentir à soi-même ainsi qu’aux esprits endoctrinés formant la majorité mais pas aux autres consciences éveillées de la minorité qui tant bien même toutes ne sont pas bonnes à dire, tôt ou tard la vérité finit toujours par leur éclater au visage.

Afghanistan, le cimetière des Empires

Afghanistan, le cimetière des empires

Comme la célèbre bataille des Thermopyles qui s’est déroulée en -480 où une petite coalition de 7000 soldats grecs menés par le roi agiade Léonidas Ier de Sparte résistèrent aux Perses du roi achéménide Xerxès Ier qui étaient plus de 200 000, on ne peut que saluer la volonté du changement du paysage politique autant que la résistance héroïque de 20 000 insurgés afghans pratiquant une guerre d’usure face à un ennemi onze fois plus nombreux et nettement mieux équipé mais étant surtout, il faut le dire, complètement incapable d’apporter toute évolution au Yagestan, le pays des Insoumis, d’après la formule du franc-maçon Pierre Biarnès car c’est le cimetière des Empires selon le journaliste Dahr Jamail. « L’union soviétique a été enterrée en Afghanistan. Et ce fut également le sort de l’Empire britannique, qui y a été défait. Et ce fut le sort de tous les envahisseurs de l’Afghanistan, sans aucune exception, jusqu’à Alexandre le Grand, abandonné par la chance dans les sables du Balouchistan et de l’Afghanistan au troisième siècle avant JC. » William Pfaff [3]. Dominer au sens strictement impérial dans un monde qui tend vers la démocratie n’est pas une compétition rude où tous les coups sont permis, c’est juste une lente course à la mort du dominateur. La volonté de dompter l’indomptable n’équivaut pas à combattre le feu par le feu mais à courir derrière des chimères en donnant des coups d’épée dans l’eau lorsque l’on se trompe de combat et qu’on utilise les mauvaises armes. Il n’est d’ailleurs pas impossible du tout que les raisons officielles citées au début de la campagne de guerre contre le terrorisme aient été gonflées, météorisées voire totalement trompeuses mais défendre cette thèse reviendrait à faire du conspirationnisme ou du négationnisme puisque ce terme utilisé à tort et à travers ne se résume plus seulement au déni de la Shoah mais à toute opposition d’une version officielle d’un événement majeur. Le droit au doute n’est plus toléré, seule la partialité compte. Disgracié ou mort, « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. » Benito Mussolini, Hillary Clinton et George W. Bush. Une phrase maintes fois reprise des paroles du Christ (pbsl), dans Mathieu 12:30 : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui ne se joint pas à moi s’égare. » [4]

La manipulation par la gestion de la peur

le fascisme américain

De tout temps, pas seulement depuis le Patriot Act, l’usage de la peur a conduit, conduit et conduira encore à de petits pas inéxorables la population endoctrinée, terrifiée de l’intérieur, à s’accommoder de certains sacrifices démocratiques nécessaires au nom de la paterne sérénité de leur vie matérialiste et de la sacro-sainte prospérité de leur entreprise de consumérisme mais au mépris fâcheux d’une autre communauté partageant les us et coutumes de ces réseaux islamistes jusqu’à aller imaginer, à marginaliser, leur rôle dans l’islamisation de l’Occident bercé de chrétienté et de laïcité qui continue de se mentir chaque jour un peu plus en vantant les mérites des valeurs, unaniment bafouées à l’heure qu’il est, des si chères libertés fondamentales de chaque citoyen n’étant plus tout à fait égal sous l’étendard national. Terrifiée de l’intérieur à la fois par la langue de serpent des gardiens de ces valeurs de démocratie d’antan et surtout par un constant bombardement massif de télémanipulation durant deux minutes d’images de choc alambiques, catastrophistes et homogènes montrant des attentats-suicides ou à la bombe par les SMP (société militaire privée) dans un marché bondé de Bagdad, devant une base militaire de Kaboul ou une mosquée de Peshawar. Un montage enchevêtrant habilement à la hollywoodienne des carcasses fumantes de véhicules de police, des femmes hurlantes en larmes aux bras levés au ciel, d’enfants en haillons au visage ensanglanté, d’hommes blessés enturbannés de compresses des pieds à la tête transportés sur une civière ou couchés sur un lit de fortune d’une miséreuse clinique et des patibulaires agents des forces de l’ordre qui s’accourent dans tous les sens, l’arme lourde bien en évidence, pour propager dans le foyer du téléspectateur cette tension vive de frayeur, ce sentiment de panique apocalyptique, ce pressentiment de grande et grave instabilité territoriale au bord de la troisième guerre mondiale, cette menace constante d’un danger omniprésent qui plane au-dessus de sa tête telle une épée de Damoclès. Dans le corthex cérébral, les pensées confuses fusent, s’obscurissent et forgent inconsciemment la culpabilité de l’auteur cité dans les commentaires journalistiques accompagnant les images endoctrinales. Les réactions primaires de l’aliénation sont le dégoût ou l’incompréhension accompagnées de quelques paroles racistes, haineuses. Le coeur refoulé, l’esprit canalisée, la raison aux oubliettes, l’usage de la terreur révèle le fond de la pensée. Le contrôle mental est total. Terrorisée de l’intérieur au point de non pas accepter à contre-coeur l’inspiration chevaleresque de la machination romancée, quasi orchestrale à la Beethoven, des chefs d’État et leur administration conseillée par toute une kyrielle de think tanks aux subventions occultes par les complexe militaro-industriel et/ou lobby pétrolier [3] mais lato sensu* face à ce problème d’envergure transnationale à quémander de leur plein gré, à genoux presque, l’instauration du fascisme comme état de droit, comme une résolution décisive, comme la seule échappatoire, comme le dernier salut pour les âmes innocentes. Dans un précédent billet, j’écrivais : « Les diverses formes distinctes de la terreur sont utilisées depuis les géants empires de l’antiquité pour assurer le pouvoir persécuteur des despotes pharaoniques » [4] et je rajouterai que la vile gestion de la peur est l’apanage de ces dirigeants opportunistes nourrissant des ambitions totalitaires aux antipodes de cette réelle volonté dans ce contexte de guerre contre le terrorisme d’apporter la démocratie et de promouvoir les droits de la femme à une population bien définie tandis qu’il existe des dizaines de dictatures et théocraties de part le monde qui ne les dérangent vraiment pas en raison de certains contrats fructueux au montant donnant le vertige. Un chemin de fer TGV par ici, une centrale nucléaire Westinghouse par là et partout des villages en kit hautement sécurisé Halliburton avec fast-food McDonald’s, Pizza Hut, Starbucks, bars karaoké ou night club privé géré par la CIA comme la célèbre zone verte dite bulle coloniale  » Little America  » de la capitale irakienne. La réalité de l’effort de guerre est une variable d’ordre économique néolibérale exclusivement. La manipulation par la gestion de la peur n’est qu’une branche de l’arbre qui cache la forêt.

De l’état policier au fascisme politique

Petit à petit, nous le voyons et assistons impuissant à la lente transformation des léthargiques sociétés contemporaines en de véritables états policiers sous le couvert de l’insécurité sans cesse croissante et du terrorisme ayant remplacé la criminalité et le grand banditisme. D’après sa définition, « un état policier se distingue spécifiquement par ses caractéristiques totalitaires ou l’utilisation de moyens radicaux pour assurer le contrôle social. » Cette escalade vers l’état policier peut notamment se définir par les augmentations des caméras de surveillance et des agents de sécurité sur le terrain, les manifestations réprimées, les évacuations musclées, les tirs de flash-ball ou du Tazer, le gazage de masse, la presse indépendante muselée, la vaccination forcée, les nouvelles taxes imposées et ce ne sont que quelques exemples parmi les prémices de l’instauration d’une autocratie fasciste qui se démarque notamment par les exécutions sommaires, la police secrète et des lois arbitraires, autant coercitives que prohibitives. Il n’y a qu’à observer les dernières manifestations lors des sommets des grandes puissances à Londres, Strasbourg, Pittsburg ou Copenhague. Instaurer un climat ultra-sécuritaire constitue sans vergogne un maillon de la chaîne du règne de la peur. A quoi bon montrer continuellement les images de Black Blocks si ce n’est pour légitimer ces mesures ? La vraie question à se poser est : « Est-il plus intéressant de montrer les images d’une centaine de casseurs ou d’écouter les révendications des milliers d’autres manifestants pacifistes ? »

Pour les mass médias cherchant à se donner bonne conscience diront les uns, afin d’amplifier la propagande penseront les autres, un problème de société impliquant un certain degré de terreur est exprimé en détail, soigneusement argumenté par toute une peltée d’analystes, ministres de l’Intérieur et de la Défense, militaires ayant connu le front, philosophes réputés, sociologues bourlingueurs ayant parcouru les cinq continents mais la source du problème demeure à chaque très floue ou même, elle n’est guère abordée du tout malgré son importance névralgique. C’est notamment le cas en Afghanistan où bien peu sont les commentaires journalistiques, autant à la télévision que dans la presse, faisant allusion ou la corrélation entre l’émergence des Taliban et l’opération Cyclone en 1979 menée par la CIA et l’ISI, l’agence de renseignement pakistanaise, pour armer les moudjahidins afghans dans le cadre de la guérilla anticommuniste contre les soviétiques. Le discours du quatrième pouvoir est renvoyé à chaque fois aux attentats du 11 septembre 2001 victimisant l’agressé et culpabilisant l’agresseur. Dans un autre cas de figure, tout aussi exemplaire que la Shoah et Israël, qui a eu lieu en France, « dès les années 1970 – 1980, l’utilisation de la notion de  » sentiment d’insécurité  » fait son apparition. Ce sont les rapports Peyrefitte de 1977 et Bonnemaison de 1982 qui la consacreront. Cependant, il s’agit d’une manière de se saisir de la question de l’augmentation de délinquance dans les quartiers populaires sans avoir à se prononcer sur les causes. » Fappani Frederic, Les dossiers de l’éducation, Violence à l’école, Les objets sociomédiatiques. 

Quelle différence entre une dictature et une démocratie ?

Que ce soit la théocratie afghane du mollah Omar prétendue être le fief des chefs du réseau terroriste Al-Qaïda ou l’insécurité française originaire des banlieues aux violences urbaines devenues récurrentes depuis trente ans, en toute logique invraisemblable, pour appréhender le présent d’un problème, comprendre la pathologie pour mieux expliquer les symptômes, il faut impérativement se tourner vers ses origines épicentriques et ainsi chercher dans le noeud du problème les réponses qui aideront à trouver une solution future évitant ainsi toute escalade vers le bourbier ou une perennité de la délinquance. Pourtant, nous avons eu droit de la part des médias de masse à tout et vraiment « n’importe quoi, sauf la vérité. Il n’y a que ça qui ne se vend pas. » disait Boris Vian. Dans un cas cité comme dans l’autre, il est clair qu’il y a eu une flagrante manipulation de l’opinion par certains acteurs politiques ou certaines organisations sectaires qui n’hésitent pas à jouer sur les peurs collectives, voire à les susciter dans l’optique de s’assurer un pouvoir sur les populations sensibles à ce discours et dans l’absolu, pour gagner des élections ou pour favoriser de son côté l’opinion publique. Ce contexte rejoint textuellement le masque de Marx. Et bien souvent une peur collective s’accompagne de la désignation de boucs émissaires. La machine médiatique se met en route et la diabolisation commence. « Arrêt sur image, émission de France 5 consacrée aux médias, a fourni une intéressante statistique le 7 octobre 2005, relative aux journaux de TF1, France 2 et France 3. Ces trois chaînes ont traité 158 fois d’insécurité en septembre 2001, contre 66 fois seulement en septembre 2002. Comme si la délinquance avait chuté de près de 60% en un an. » Il faut dire à cela que la campagne de propagande de guerre contre l’Irak de Saddam Hussein, soutenant Al-Qaïda aux preuves jamais découvertes et possédant des armes de destruction massives jamais trouvées elles non plus, battait son plein sur toutes les chaînes télévisées.

Des enjeux inavouables

La véritable cible à terroriser n’est pas un dangereux barbu vivant dans une grotte quelque part entre le Helmand afghan et le Sud-Waziristan pakistanais qui serait capable de brûler au phosphore blanc des innocents dans leur sommeil comme Tsahal à Gaza ou l’U.S. Army à Falloujah, ou encore une tyrannie maquillée autrefois par des espions de Langley en Virginie soutenus par les Chicago Boys de Milton Friedman en une fausse démocratie, bref un régime religieux répressif hostile de nos jours au néolibéralisme du FMI, de l’OMC et de la Banque Mondiale tel l’Iran mais la vraie cible, c’est tout simplement vous. « Pourquoi ? » Car c’est vous, esprits de la jeunesse, qui détenez les clefs de l’avenir des moteurs de la civilisation occidentale. Car c’est surtout vous, adultes et parents, qui enfantez et éduquez la génération suivante de ces vertus morales de prudence, de tempérance, de tolérance et/ou de ces vertus théologales de foi comme de charité envers son prochain. Car c’est vous aussi, ainés, à l’expérience à partager, à écouter, à faire bonnifier comme du vin dans une cave d’un vieux château aux fondations poreuses et de plus en plus chancelantes à cause notamment du bourrage de crâne par les médias de masse et du fossé grandissant qui sépare les classes sociales. « Et dans quel but ? » Si l’intention officieuse n’est pas de sauver la démocratie de la civilisation occidentale prétendue attaquée de toute part par un Islam radical, c’est uniquement pour la survie d’un mode de pensée permettant une technique de contrôle colonial qui est resté à l’ère de la féodalité romaine et des seigneuries moyen-âgeuses qui n’ont jamais totalement quitté les coulisses du pouvoir. Copinage et népotisme dans certains cas, c’est dans la nature humaine de préservation d’un statut et d’avantage encore de l’instinct de survie au sein des milieux aristocratique et élitiste qui gangrènent de l’intérieur les institutions régaliennes. Des enjeux inavouables car politiquement incorrect. Opposée à la mondialisation, la nationalisation dans les diverses géopolitiques mondiales du gaz, du pétrole, des principales ressources coûteuses pour l’industrie et de l’eau dans un avenir proche est cauchemardesque pour l’ensemble des lobbys internationaux dirigés par ces milieux mafieux. La gestion de la peur n’est pas une fin en soi mais uniquement un moyen subversif de préserver le contrôle de ce vieux mode de pensée colonialiste avec l’accord préalable et démocratiquement tyrannique des populations engagées contre leur gré sur les chemins de la perdition.

Conclusion

De la mort de la liberté à la gloire du fascisme

Quel paradoxe assez grossier mais pourtant réel que de vouloir à tout prix la paix dans le monde en étant à la fois la première nation à vendre de l’armement à des pays instables et nécessiteux mais aussi à déclarer des guerres préventives, ou encore à être le plus dépensier en matière de défense en cumulant la totalité des dépenses militaires des quatre autres nations siégeant au Conseil de Sécurité si ce n’est l’utopie grotesque d’un monde dénucléarisé en abritant le plus grand arsenal nucléaire et financant toujours des recherches sur les armes nucléaires à Los Alamos, Livermore et Sandia [6] tout en repoussant à force d’échec de compromis la signature d’un nouveau traité de désarmement avec la Russie mais ce sont là d’autres débats. La fin justifie les moyens, la paranoïa attise la terreur et à preuve du contraire, le vrai changement n’a de sens que si l’on se donne les moyens d’y parvenir sans pour cela surenchérir aux erreurs commises par de nouvelles manoeuvres roublardes dans la forme mais toutes aussi identiques dans le fond. Blanc ou noir, démocrate ou républicain, de gauche ou de droite, cyclique est la politique étrangère occidentale guidée par la volonté impérialiste américaine et depuis bien avant 1962 avec les premières pulvérisations de défoliants Monsanto sur les zones rurales vietnamiennes de la seconde guerre d’Indochine. A l’instar de la colère qui couve derrière la peur, inéluctable est l’insurrection qui couve dans les chaumières. La prochaine crise d’ampleur mondiale, certainement alimentaire, aura pour effet un effet de masse qui fera exploser cette colère renfermée au fond de soi. C’est une probabilité à l’explication du retour en force du fascisme. Peut-être bien, l’explication aussi du retour de la peine de mort par le traité de Lisbonne ciblant les insurgés. En prenant du recul, les coïncidences paraissent stupéfiantes. Je terminerai par une citation d’Amedeo Modigliani pleine de sens : « D’un œil, observer le monde extérieur, de l’autre regarder au fond de soi-même. » Voyez par vous-même.

Siège des ouvriers de Continental

Manifestation des ouvriers de Caterpillar

Coup de gueule d’un ouvrier à un élitiste

Notes

* lato sensu : locution latine signifiant au sens large

[1] : http://www.aschkar.org/La-menace

[2] : http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200911/02/01-917559-ban-ki-moon-felicite-hamid-karzai.php

[3] : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1042

[4] : http://www.ism-france.org/news/article.php?id=2930&type=analyse&lesujet=Histoire

[5] http://www.senat.fr/rap/r00-326/r00-326172.html

[6] : http://mecanoblog.wordpress.com/2009/07/13/les-sept-peches-capitaux-de-loccident/

[7] : http://www.dissident-media.org/infonucleaire/usa_bomb.html

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Les fondements secrets des croisades eurasiennes

par Saïd Ahmiri

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Le baiser de Judas

« God bless America » : qui donc ne connait pas ou n’a jamais entendu, à maintes reprises voire à chaque fin de discours propagandiste, cette parole d’espérance providentielle, issue de la chanson patriotique américaine d’Irving Berlin, de la même bouche néoconservatrice de l’ancien président George W. Bush qui affirmait haut et fort que feu le Raïs Saddam Hussein, l’ennemi de son père durant la Guerre du Golfe, avait des armes de destruction massives dans son arsenal vétuste et avait entretenu des liens très étroits avec Al-Qaeda lors des attentats du 11 septembre 2001 ? Lorsque le dogme se lie à la guerre, peu importe la vraie cause défendue en Afghanistan comme la libération des femmes, en Somalie comme l’arrêt de la piraterie financée et renseignée par la CIA, ou encore en Irak comme la volonté d’apporter la pseudo liberté au peuple, car nous savons que la réelle démocratisation d’un pays n’approuvera jamais l’emploi tacite de la force punitive, génocidaire, faisant plus d’un million de morts, on ne parle plus d’un simple conflit d’intérêt mais bel et bien d’une croisade, un choc des religions armées et ce ne sont pas les djihadistes agressés en quête du retour du Califat qui vont le contredire. On ne parle plus d’ailleurs de tribunaux militaires mais de tribunaux ecclésiastiques. On ne parle surtout pas de torture mais de supplice codifié par les manuels de Langley. Comme jadis « l’usage de la torture posait un problème moral pour les inquisiteurs, qui, en tant que clercs, n’avaient pas le droit de verser le sang. Après un flou juridique initial, cette pratique est officiellement autorisée pour l’Inquisition en 1252 (bulle Ad extirpenda), sous réserve de ne conduire ni à la mutilation ni à la mort. » Wikipedia. detentions_secretes_cia

D’Abou Ghraib en Irak à Bagram en Afghanistan jusqu’au camp de Guantanamo sur l’île de Cuba et sans occulter évidemment toutes les autres prisons secrètes européennes dites  » black sites  » en Roumanie, au Kosovo, en Macédoine, en Pologne, en Bulgarie et en Ukraine, les prisonniers ne doivent certainement plus parler de l’unique inhumanité de leurs gardiens mais du sadisme dégénéré des geôliers, ni même les considérer comme de véritables êtres humains mais juste comme des agents barbares du NKVD dans une Archipel du Goulag tout au plus écrirait feu le dissident Alexandre Soljenitsyne. Longtemps après l’ironique signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948, les nations des coalitions guerrières dans ces deux pays d’Orient, « sur l’Axe du Mal » dixit George W. Bush, n’ont plus le droit éthique de sièger aux côtés des autres nations respectant cette charte tellement bafouée par la Chine et si méconnue de la Knesset à Tsahal, une charte limite bonne à sanctionner les pays voyous qui refusent de marcher au pas du décadent Occident, Iran et Corée du Nord par exemple. « l’Eurasie reste l’échiquier sur lequel se déroule la lutte pour la primauté mondiale (…) quiconque contrôle ce continent, contrôle la planète. » Zbigniew Brzezinski, le Grand Echiquier.

Le marché de la guerre

Rien de nouveau pour la rhétorique des péchés capitaux de l’avarice, de l’envie, de la gourmandise et de l’orgueil à ceci près que ce sombre épisode hypocrite de l’Histoire de l’Homme baptisée la sacro-sainte  » guerre contre le terrorisme  » et ses nombreux mensonges médiatiques, et ap_colin_powell_070313_sshsur-médiatisés jusqu’à la tribune de l’ONU un 5 février 2003 avec le fameux échantillon de Colin Powell lors des préambules de la conquête irakienne, ont pour diverses causes incontestablement inavouables au grand public, premièrement, les immenses ressources énergétiques de l’Asie Centrale dans le contexte de tentative impérialiste de contrôle global de la plaque eurasienne, comme si les Etats-Unis s’étaient donnés la mission sacrée de réguler la moindre goutte de pétrole dans le monde, avec pour adversaires l’éternelle Russie, et sa main basse sur le marché du gaz européen, cherchant à réaffirmer plus que jamais son statut de glorieux empire d’antan malgré la vague incessante de révolutions colorées pro-occidentales se déroulant à ses portes (révolution des roses en Georgie en 2003, révolution orange en Ukraine en 2004, révolution des tulipes au Kirghizstan en 2005). Ainsi que la vorace Chine expansionniste à la dépendance énergétique lourde, n’hésitant plus à installer ses industries minières en Afrique en heurtant au passage les intérêts de l’Amérique mais en se collant surtout l’étiquette de dernier pays pilleur-colonisateur. Et deuxièmement, le marché infiniment lucratif pour les complexes militaro-industriels où la guerre des drones a été déclarée entre General Atomics, EADS, Dassault-Thales notamment, pour ne citer ici que cette rude compétition économique entre les Etats-Unis (qui dominent le marché), Israël, l’Europe, l’Afrique du Sud, le Japon, la Corée du Sud, Singapour et la Malaisie, les principaux constructeurs d’avions sans pilote dans le monde, pendant que des sites de référence tel que Dedefensa suivent de très près, quasiment au microscope, toute l’historique du programme JSF (Joint Strike Fighter) de l’agence DARPA qui a été lancé en 1990 pour remplacer l’ensemble des avions légers de combats et d’attaque F-16 Falcon et F/A-18 Hornet du Département de la Défense des Etats-Unis par le F-22 de Boeing ou le F-35 de Lockheed Martin, le modèle qui a été choisi, le plus onéreux programme d’avion militaire de l’histoire. La guerre fait couler beaucoup d’encre, énormément de sang et encore plus d’argent. En dehors de ces sentiers, les grandes chaînes multinationales de cafés Starbucks, d’organismes génétiquement modifiés Monsanto et de restauration rapide McDonald’s livrent le même genre de conflit planétaire et en sont pratiquement devenues les plus célèbres symboles de la mondialisation à la fois au détriment de la qualité de la nourriture pour le profit d’une poignée de multi-milliardaires que pour les petites entreprises balayées sans scrupule par les gouvernements collaborateurs brandissant dans le social l’étendard de la création de nouveaux jobs. La pacification atlantiste commence dans les tranchées et s’achève dans les supermarchés.

L’équation intérêts stratégiques  = violences ethniques

Rien de vraiment nouveau non plus depuis le 20 janvier 2009 où l’administration Obama, celle de la promesse du changement messianique, a pris le relais à la Maison Blanche à l’exception peut-être de l’extension de la croisade anti-terroriste au Pakistan et sa passoire de frontière étatique tribale dite ligne Durand que « les autorités afghanes – y compris les talibans, pourtant patronnés par Islamabad – n’ont jamaispipelines d'Irak reconnu cette frontière, dont elles contestent le tracé. » Laurent Gayer, Guerre et sociétés en Afpak. Maintenant que la nationalisation irakienne de la compagnie pétrolière nationale de 1972 appartient aux arcanes du passé et que les questions de supervision des deux champs gaziers d’Akkas (ouest) et Mansouriyah (centre), et pétroliers de Missane (sud), Bai Hassan (nord), Kirkouk (nord), Qourna-ouest (sud), Zoubair (sud) et celui de Roumaila (sud), le plus grand des six champs pétroliers offerts à la compétition des compagnies étrangères, étant résolues manu militari, débattues entre le Premier Ministre Nouri al-Maliki, rappelant sûrement à titre d’information lors de la séance d’attributions que : « l’Irak flottait sur un lac de pétrole », et 31 sociétés dont des majors occidentales comprennant notamment les consortiums américains ExxonMobil Iraq Ltd, ConoccoPhillips, britannique BP Exploration Operating Company, britannique et néerlandais Shell, les groupes chinois CNPC Limited, CNOOC et Sinopec International, le français Total, et malaisienne Petronas, au-delà de la pacification par l’occidentalisme des bases arrières des groupes islamistes Hezb-e-Islami Gulbuddin, Hizbul Mujahideen, IMU, Jaish-e-Mohammed, Lashkar-e-Toiba qui se sont tous alliés à la Nébuleuse et des insurgés afghans du mollah Omar chassés de Kaboul en novembre 2001, pour le nouveau président Barack H. Obama qui a fait de l’Afpak son cheval de bataille en oubliant toutefois d’émettre sur les ondes qu’il comptait pousser l’escalade de la violence dans l’ensemble de la région, l’heure est venue d’annihiler le sentiment d’anti-américanisme, très présent chez les communautés pachtounes du Pays des Wazirs, par les forces armées pakistanaises soutenues par les impitoyables drones et bombardements aériens du Pentagone ne faisant plus la différence entre un village de civils et un bastion de combattants, et tout en étant littéralement payées comme de vulgaires bandes de mercenaires, vues les énormes pertes militaires enregistrées en Irak et en Afghanistan par l’OTAN, par le Congrés des Etats-Unis qui a triplé son aide à Islamabad le 24 juin 2009 (7,5 milliards de dollars sur cinq ans) après l’acceptation du projet de loi présenté par le sénateur démocrate John Kerry et son collègue républicain Richard Lugar visant à « soutenir les Pakistanais et leur gouvernement démocrate dans leurs efforts visant à consolider la démocratie. » AFP. Encore plus de crédit à la croisade eurasienne, d’avantage de discordes inter-communautaires et de nouveaux renforts par milliers, ce n’est pas que nous sommes loin des aspirations de paix entre les musulmans et les occidentaux rabâchées dans le long discours de la présidence américaine au Caire trois semaines auparavant, c’est une toute autre direction qui a été prise par Washington. Celle de l’enlissement.

La course contre la montre

« La Chine a en effet besoin des hydrocarbures produits par le Moyen-Orient, lequel possède les deux tiers des réserves mondiales. En contrôlant les pays du Golfe, l’Amérique tiendra sous sa dépendance son adversaire stratégique principal. Déjà, l’alliance entre Washington et Riyad (Arabie Saoudite) a donné depuis 1945 aux Etats-Unis le contrôle d’un quart des réserves du monde. La conquète de l’Irak en 2003 a augmenté ses réverses de 10% et, si l’Iran redevenait un allié des Etats-Unis dans les années à venir, ce sont encore 10% supplémentaires qui seraient placés sous leur coupe. » Aymeric Chauprade, Chronique du choc des civilisations. Même face à l’inexplicable regain massif de guerilla en Afghanistan entrainant de plus en plus de dommages collatéraux durant les opérations militaires de l’OTAN, jamais aucun des médias complices de la propagande de guerre contre les Talibans qui hébergent le soi-disant terrorisme mondial n’osera un seul instant aborder le sujet bases américainesdélicat des principaux enjeux vitaux de l’Axe du Bien : l’encerclement militaire de l’Iran et les pipelines trans-afghans pour faire sortir gaz et pétrole d’Asie Centrale depuis la ville de Mary au Turkménistan à travers l’ouest afghan entre Hérat et Kandahar jusqu’au port de Gwadar au Pakistan. Ce serait retiré la burqa qui cache la vérité à l’opinion publique du Canada à l’Australie en passant par le méridien de Greenwich. Il faut dire que le temps presse pour les conglomérats anglo-saxons. La concurrence a les dents longues et la moindre erreur lors d’une révolution colorée entraîne de graves difficultés stratégiques comme celle avortée en mai 2005 à Tachkent en Ouzbékistan qui entraîna la fermeture de la base américaine de Karchi Karnad utilisée par les GI’s pour le convoi de matériel en Afghanistan. En 2004, l’analyste Dmitri Mangelev notait que « les Anglais ne sont pas ravis de voir les compagnies russes passer à l’offensive en Ouzbékistan. En effet, le gaz ouzbek part en Russie via des tubes contrôlés par Gazprom. » Vremia novosteï, 14 juillet 2004. Le président ouzbek Islam Karimov déclarait en août 2003, à l’occasion de la visite de Vladimir Poutine à Samarkand : « Le travail de Gazprom en matière de prospection et de production du gaz ouzbek nous intéresse. Nous estimons également que Gazprom doit être l’opérateur non seulement de la partie russe du tube « Asie centrale-Centre », mais aussi des parties kazakhes et ouzbèkes ». Avec pour seul rival le camarade Gazprom et faisant la grimace aux compagnies occidentales avec notamment son juteux contrat de 35 ans signé le 16 juin 2004 pour le partage de la production des importants gisements gaziers de Kandym, Khaouzak et Chady au sud-ouest du pays de Tamerlan, c’est l’hégémonie régionale pour Loukoïl qui revend sur les marchés chinois, coréen du sud et malaisien alors que le gaz devrait, ou aurait du, autant être sous le contrôle d’autres fournisseurs énergétiques aidés des ONG américaines locales que transiter par voies maritimes depuis le port pakistanais de Gwadar dans la province du Balouchistan vers d’autres recoins continentaux du globe, si ce n’est assurer la survie d’Israël. « L’ensemble des investissements russes dans le complexe énergétique ouzbek, qui s’élève à ce jour à 2,5 milliards de dollars, illustre la volonté de la Russie d’assurer son monopole sur les exportations de gaz d’Asie centrale et d’adopter une stratégie de diversification de ses réserves afin d’honorer ses contrats avec l’Europe. » Regard sur l’est, 1er avril 2007. Depuis la fin de la première ère de Poutine le président, les Russes ont plus que signé, ont resserré en janvier 2009 leurs précieux accords de partenariat stratégique avec l’Ouzbékistan qui s’était placé en 2006 au troisième rang des producteurs de gaz de la CEI, après la Russie et le Turkménistan, avec une production estimée à 62,4 milliards de m3 de gaz. Arme stratégique détenue à 50% par l’Etat russe, le géant Gazprom contrôle environ 87% des réserves de gaz en Russie, 20% des réserves mondiales et est devenu le premier exportateur de gaz au monde depuis sa création en 1989, la même année que la fin de la première guerre d’Afghanistan qui opposa les Soviétiques aux Moudjahidines.

Sources : Mondialisation.ca, Objection Votre Honneur, RFI, RIA Novosti, RMS, Wikipedia

Ombre & Lumière

par Saïd Ahmiri

Censure, extrémisme, famine, guerre, mondialisation, pétrole, virus, la Terre est malade. Arrivé au stade critique du capitalisme, le mal qui la gangrène se résume dans la plupart des cas de près comme de loin à un seul mot, argent. Tout comme la City à Londres et diverses nations entrées en récession économique nationalisant à tout va les banques pour sauver les meubles, le moteur de Wall Street se noye dans les grosses injections de capitaux provenant du contribuable américain pendant que les petits actionnaires payent le plus lourd tribut à la crise financière. De l’argent qui aurait été bien utile ailleurs à en croire les alarmistes écologistes faisant l’apologie du film Home qui ne traite pas une seule seconde du nucléaire mais qui culpabilise quasiment le commun des mortels à la place des politiciens véreux, le seul pouvoir humainement capable de taper du poing sur la table pour changer les équations énergétiques. Un monde de mensonges car ce qui importe le plus est l’économie et non l’économe. Pendant que nous y sommes, pourquoi ne pas se dire carpe diem et que les civilisations du futur découvriront bien un jour les nouvelles technologies oubliées dans certains placards pour annihiler l’émission de CO2 et réduire l’effet de serre à vitesse grand v, bien que des études scientifiques ont prouvé qu’il n’y avait pas cause à effet, en rattrapant ainsi tout le temps perdu par la cupidité des investisseurs n’ayant pas voulu poursuivre les illustres précurseurs de l’énergie infinie tel que Nikolas Tesla ? L’évolution serait-elle tombée en panne ? Le mental aurait-il cédé sa place à l’ignorance ? Ou alors ce sont des choix volontairement décidés par les élites maçonniques aux commandes du monde ? Chut. Pas un mot. Ce n’est que de la théorie du complot. Des divagations sans fondement à l’heure où des satellites parviennent à identifier un cheveu gris sur la tête et que des fusées déposent des robots autonomes sur Mars, dans cette sombre époque où la faucheuse de la liberté Big Brother écoute tout, voit tout, et que les nanotechnologies ouvrent une nouvelle ère de l’atome d’Hiroshima à Tchernobyl pendant que certaines autres régions reculées du globe n’ont ni l’électricité, ni de l’eau potable à la maison dans leur bidonville d’un misérable pays possédant pourtant diamant, or, pétrole ou uranium. Money makes the world go round chanterait R-Kelly.

Loin du peuple, loin de la démocratie

541035-4-think-tankL’humanité ministérielle ne prête guère plus l’oreille qu’aux seuls intellectuels réunis au sein de la voyance moderne, les fameux cercles de réflexion « think tanks » dont le maître-mot de certaines de ces instituts sibyllines n’est ni plus ni moins que le business au profit de puissants consortiums impliquant parfois qu’ils doivent exercer d’énormes pressions sur un gouvernement comme les tristement célèbres CFR (Council on Foreign Relations) qui jouait hier principalement de son influence sur le rôle des États-Unis au sein de la scène internationale, aujourd’hui en interne sur un grand nombre des branches de l’administration Obama avec notamment Tom Vilsack à l’agriculture, Ken Salazar à l’intérieur, Robert Gates à la défense, Timothy Geithner au trésor, faisant tous partis du think tank maintes fois plébiscité par les conspirationnistes, et l’AEI (American Enterprise Institute) qui a été l’un des architectes majeurs des politiques néo-conservatrices de l’administration Bush dont font partie Irving Kristol, le fondateur du néoconservatisme qui a encouragé le capitalisme en disant notamment longtemps avant la crise des subprimes :  » Les businessmen qui ne peuvent même pas persuader leurs enfants que le business est une activité légitime et morale ne peuvent espérer en persuader le reste du monde.  » ainsi que la seconde dame des États-Unis Lynne Cheney étant la femme de l’ancien virulent vice-président Dick Cheney et l’ancien collaborateur des services secrets américains, israélien et italien Michael Ledeen soupçonné dans le Nigergate et consultant du SISMI (services secrets militaires italiens) impliqué dans les scandales de la loge P2 et le Gladio durant les années de plomb. Un franc-maçon ?

Les rapports volumineux des think tanks aux graphiques complexes et à la rhétorique alambique rédigés loin des yeux de l’opinion publique car leur but est d’influencer la décision publique sont aussitôt entérinés par les géantes multinationales, le poids lourd des instances étatiques, les ayant auscultés avant de soumettre ou contraindre les diplomates des différentes institutions gouvernementales et organismes transatlantiques de changer leur attitude ou de modifier la constitution de leur État pour légitimer leurs nouvelles idées géopolitiques, d’études stratégiques aux relations internationales en passant par les affaires publiques. Dans le pire des cas, les litiges si litige il y a entre un gouvernement et une entreprise du calibre de Monsanto se sentant lésée par les décisions politiques se règlent dorénavant auprès de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) dépourvue quand à elle de la moindre éthique morale, favorisant le funeste néo-libéralisme des pays riches au détriment des pays en voie de développement et surtout ayant d’avantage de pouvoir sur le droit commercial que l’ensemble des constitutions nationales des pays membres de l’OMC ainsi que celles des organisations continentales comme cela a été le cas de l’Union Européenne pénalisée par l’ORD (Organe de règlement des différends, organe judiciaire de l’OMC) pour avoir refusée d’importer du bœuf aux hormones américain et peut-être bientôt à nouveau devant ces tribunaux face au Canada sur la controverse de la cruelle chasse au phoque dont l’UE a banni le 5 mai 2009 tous les produits dérivés du phoque sur l’ensemble de son territoire.

traite-simplifieLe moribond lobbying de l’intelligence économique de ces pragmatiques sociétés d’influence combat principalement les intérêts, les valeurs et les autorités traditionnelles comme l’Etat. Tel a été le cas avec le si mystique traité de Lisbonne qui modifie plusieurs centaines de dispositions de l’ancien traité de Maastricht de 1992 et du vieux traité de Rome datant de 1957. « Comme trois autres sages du groupe Amato (le néerlandais Wim Kok, le français Michel Barnier et le belge Jean-Luc Dehaene), Giuliano Amato fréquente assidûment les conférences du Bilderberg. Tout les quatre figurent comme administrateurs du think-tank eurocratique, siégeant à Bruxelles, FOE (Friends of Europe) qui permet à ce réseau de façonner les débats de l’Union Européenne. » Solidarité & Progrès, l’histoire secrète du traité de Lisbonne. Amato est-il un de ces bilderbergers qui se réunissent une fois par an dans le secret absolu ? C’était sous la demande explicite de la présidence allemande que le groupe Amato s’est efforcé de trouver une nouvelle base d’entente; c-à-d une énième réécriture de la Constitution européenne après le rejet de deux pays; pour toutes les nations d’Europe et en particulier des trois autres pays déjà hostiles au traité de Rome de 2004. « Il fallait aussi satisfaire les gouvernements des pays qui ne voulaient pas de référendum pour leurs citoyens, avec le risque d’un rejet du traité remplaçant la Constitution européenne. Référendum souhaité par 76 % des Allemands, 75 % des Britanniques, 72 % des Italiens, 65 % des Espagnols et 71 % des Français. En France, après le rejet par 55 % des français du traité de Rome de 2004, la France n’a pas proposé de nouveau référendum à ses citoyens. Une révision de la Constitution française, effectuée par la voie du Congrès le 4 février bush-et-sarkozy2008, a permis la ratification du traité lui-même par la voie parlementaire le 8 février. » Wikipedia. Ne pas demander l’avis du citoyen sur une question capitale le concernant fondamentalement est une violation grave du code de déontologie de la démocratie. Un amendement autoritaire de l’ère Sarkozy pleines d’obscures manigances dans les coulisses du pouvoir et de la même trempe que les oeuvres dictatoriales du président américain George W. Bush lorsqu’il imposa The Patriot Act au peuple des Etats-Unis d’Amérique en octobre 2001 à la suite des attentats du World Trade Center, presque sans discussion du Congrès. Soumis à la voie référendaire, les Irlandais se sont opposés au traité de Lisbonne par 53,4 % des voix mais pourtant le processus de ratification poursuit son acheminement partout dans l’UE avec des mesures exceptionnelles pour l’Irlande. Les lois sont faites soite pour être contournées, soite pour être créés. Encore et encore. De quoi plaindre les juristes de demain.

Le nouveau traité stipulant sobrement une seule et unique constitution pour toute l’Europe étant tellement compliqué dans le fond pour le commun des mortels que la majorité des citoyens européens n’en ont pas la moindre idée de ce qu’il représente exactement mais qui plus est ils s’en fichent royalement tout comme de l’Europe d’ailleurs, preuve à l’appui aux dernières élections européennes de juin 2009 dont le grand gagnant fut l’abstention. Près de 60 % en France, 73 % au Portugal, 57 % en Allemagne, d’autres sommets vertigineux dans les jeunes pays démocratiques de l’Est ou le taux de vote atteint faiblement en République tchèque 28 %, Slovénie 28 %, Pologne 24,5 %, Lituanie 21 %, Roumanie 27,5 % et la palme pour la Slovaquie avec 19,5 % de participation. Une grave erreur aux lourdes répercussions tandis que les droits constitutionnels restreinent dans certains pays du Vieux Continent et que les nations disparaissent petit à petit au nom de l’avénement imminent de la gouvernance globale du Nouvel Ordre Mondial. Il ne faudra pas dire : « On ne l’a pas vu venir. » Dans la lumière des flash crépitants des photographes, les chefs d’Etat osent commémorer les souvenirs amers de la Seconde Guerre Mondiale, cependant dans l’obscurité habité par le fantôme du communisme sur le point de jouer avec un grand sourire la Dies irae pour le capitalisme, elle se poursuit toujours sauf que cette fois-ci la principale cible des exutoires du fascisme n’est pas l’économie protectionniste suite à la Grande Dépression de 1929 qui est d’ors et déjà tombée aux mains des gigantesques entreprises du globe mais le simple être humain et ses agrégats régaliens de démocratie, libre-arbitre et socialisme.

Le chaos arabique

Il parait que c’est dans l’adversité que le monde se réunit, que c’est face à une épreuve commune que l’humanité se surpasse et que c’est contre la peur du lendemain que la silhouette d’une forme humaniste se dessine dans les brumes opaques d’un nouvel âge des ténèbres. « Nous avons mis longtemps à sortir du Moyen-Age, mais nous mettrons beaucoup moins de temps pour y retourner… » Sity.Net 2005 Vers un nouveau Moyen-Âge. Les ténèbres envahissent le Moyen-Orient. Comme au temps des iconoclastes de l’Inquisition, des chasses aux sorcières ou plus livres_brules_nazirécemment encore le célèbre autodafé nazi du 10 mai 1933 à Berlin où plus de 20 000 livres païens, juifs, antiallemands notamment de Heinrich Heine, Karl Marx et Sigmund Freud furent brûlés sur la Bebelplatz (place de l’opéra) sous l’autorité du Dr. Joseph Goebbels, ministre du Reich pour l’Education populaire et la Propagande malgré la citation avant-gardiste de 1817 dans Almansor « Là où on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes. » en-390-dbabadu poète Heinrich Heine, parallèlement à la destruction par les Talibans des géants Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan datant des Vème et VIème siècles, les tablettes d’écriture sumériennes vieilles de 5000 ans ont été détruites dans la folie, dans la barbarie de la guerre d’Irak par les odieux cowboys de George W. Bush au seul nom des ressources pétrolières appartenant en toute légimité à la population irakienne victime du génocide de plus d’un million et trois cent mille âmes, le premier génocide de ce nouveau millénaire malgré le prétexte de présence d’armes de destruction massives de Saddam Hussein qui n’ont jamais été trouvées, pas plus qu’un quelconque soutien à Al Qaïda dans les attentats du 11 septembre 2001.

Les calamiteuses croisades eurasiennes des Balkans au Pakistan sont à la fois destructrices pour l’humanité en terme de vies humaines que pour l’héritage culturel de l’humanité aux prochaines générations. Le flagrant constat d’une civilisation décadente n’a d’égal que les moyens mis en oeuvre pour atteindre des objectifs inavouables qui vont bien au-delà du politiquement incorrect, c’est une infamie politique où tous les gouvernements de la planète des Nations-Unies sont pleinement coupables des crimes contre l’humanité et de non-assistance à peuple en danger comme au Congo, au Darfour en Somalie, au Rwanda, au Sri Lanka, en Timor Oriental, au Togo et l’ex-Yougoslavie. Je n’oserais aborder la question palestinienne et la mosquée al-Aqsa à al-Quds (Jérusalem) en Palestine occupée par Sion et endeuillée depuis 1948. Du temps du belliqueux shérif George W. Bush, il est fort probable que la moindre ingérence dans les affaires américaines et israéliennes aurait sans doute déclenché l’embrasement de la Troisième Guerre Mondiale dans le Grand Moyen-Orient à moins qu’elle n’ait déjà subversiment éclatée contre le musulman comme hier le juif d’Europe sous le sobriquet hypocrite de la Guerre contre le Terrorisme.

Mais « Salam Aleykoum. » a dit dans la lumière le charismatique président Barack Hussein Obama, et ses trois longues années d’expérience au Sénat des Etats-Unis, lors de son discours au Caire qui d’une main tendue au monde musulman lui suggère ouvertement d’ouvrir l’Islam à l’Occident vu que l’option militaire a pleinement échoué en Afghanistan comme en Irak et qui dans l’ombre de son autre main ferme étrangle la communauté pachtoune de l’Afpak sous une pluie de bombes lancés par les drones Predator pilotés à distance depuis le Pentagone comme dans un jeu vidéo sauf que les cibles sont bien réelles. Être incapable d’arrêter des barbus vivant dans des grottes selon certains termes employés maintes fois malgré une redoutable puissance de feu à la pointe de la technologie, c’est être un pitoyable donneur de leçons à la moralité conquérante digne du Far West ensanglantée lors de néophytes guerres bactériologiques (coqueluche, rougeole, variole, peste bubonique) par l’innommable massacre de 200 millions de Nord-Amérindiens, 200 millions d’âmes, le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité jamais orchestrée par la main de l’Homme tombée dans l’indifférence mondiale la plus totale. Qu’est-ce que peut bien représenter un million de juifs de plus ou de moins pour la Shoah ? Du négationnisme, de l’antisémitisme ou un énième constat de la cruauté du colon sur le colonisé ? « La seule leçon que l’on peut retenir de l’histoire est que les hommes n’ont jamais retenu aucune leçon de l’histoire. » Hegel. C’est au mépris des larmes de la mère afghane de Granai ou irakienne de Fallouja, en dépit de la douleur du père palestinien contemplant les oliviers brûlés du village d’Awarta au sud-est de Naplouse que la conquète de l’Orient par l’Occident se poursuit inéxorablement avec l’aval des dictateurs arabes telle la coopération sioniste de l’Egypte à la frontière de Rafah asphyxiant la Bande de Gaza et même du soutien financier à Israël lors de la Guerre de Gaza par le si richissime royaume d’Arabie saoudite.

Nucléarisation du Moyen-Orient

Comme l’Iran également signataire du Traité de non-prolifération nucléaire qui interdit donc une nation de chercher à acquérir la technologie des bombes atomiques, d’en produire, de s’en procurer et d’aider une autre nation à en posséder, l’Arabie saoudite qui détient 25 % des QATAR-GULF-GCC-IRAN-SAUDIressources pétrolières de la planète s’est sentie, dans une logique d’équilibre des forces de la région face à la montée en puissance de l’Iran et non de développement durable avec un soleil omniprésent 300 jours par année tel que je cite le républicain Edward J. Markey : « le soleil étouffant d’Arabie saoudite chauffe les dunes de sable au lieu d’alimenter des panneaux photovoltaïques », obligée de devoir construire ses propres installations nucléaires depuis que le rival iranien s’était lui-même lancé que peu probablement sur la voie d’enrichissement d’uranium à caractère militaire et malgré que des rapports du NIS (National Intelligence Estimate) publiés en 2007 prétendaient justement que l’Iran avait abandonné son programme d’armes nucléaires en 2003.

Dans ce contexte dangereux de Guerre Froide aux facteurs géopolitique et religieux avec l’Iran fournissant notamment des armes aux groupes armés chiites d’Irak et du Liban, avec la Maison Blanche opposée au choix saoudien de posséder un programme d’armement nucléaire après que les Etats-Unis aient retenu les leçons du passé en ayant apporté leur aide à l’Iran dans le programme Atome pour la Paix à l’époque du shah juste avant la Révolution islamique de 1979, où les pressions de Riyad pour obtenir la technologie nucléaire étant si importantes, quitte à passer par le Pakistan voire la Chine communiste comme au temps de l’achat des 36 missiles balistiques CCS 2 de 70 tonnes chacune avec une portée de 1900 miles encourant ainsi la colère de l’administration Reagan, que les dirigeants saoudiens refusaient pertinemment depuis des semaines d’augmenter sa production de pétrole laissant le reste du monde connaître la crise énergétique, au péril d’une récession pour n5639429215_361911_7845certains pays avec un baril de brut record à 150 $ en prélude à la crise financière, c’est au cours de mai 2008 lors de la seconde visite littéralement providentielle de George W. Bush en Arabie saoudite en l’espace de seulement quatre mois, que des accords sans titre péjoratif  » Pétrole contre Nucléaire  » entre Riyad et Washington furent finalement signés avec toujours le bon prétexte de mieux protéger du terrorisme les infrastructures du royaume sunnite mais principalement pour coopérer dans le domaine du nucléaire civil ouvrant ainsi, après Israël, un nouveau chapitre ténébreux de l’histoire du nucléaire dans la région la plus instable du monde. Si les militaires de la Corée du Nord profondément enracinée dans la misère ont bien réussi à exploiter la technologie nucléaire, l’Arabie saoudite peut tout acheter avec ses pétrodollars tant que l’empire américain aura besoin de la manne du pétrole pour ses gros SUV et par-dessus tout d’en contrôler mondialement les flux. Pour conclure sur ce dernier point, la question cynique pourrait bien être qui est la vache à lait de qui ? La question essentielle pour combien de temps encore les spéculations sur les réserves réelles de l’or noir permettront de telles magouilles internationales ? Et la question fondamentale à se poser est quelle nation exerce-t-elle véritablement des pressions sur la communauté internationale à propos de l’épineux dossier du nucléaire iranien ?

Sources : le blog finance, Huyghe.fr, Objectif-info, Sity.Net, Solidarité & Progrès, Wikipedia